Le Nicaragua un pays multiethnique!

09/02/2017

Mais d'où viennent ces peuples indigènes ? Le Nicaragua fut depuis toujours un lieu de passage et l'on peut identifier les différents peuples par les noms des villages, rivières, montagnes. Depuis toujours, le Nicaragua comprenait deux grandes régions sans communication entre elles : son versant atlantique ou caraïbe et le Pacifique. Le Pacifique fut peuplé par des indigènes venus du nord et la zone atlantique par ceux du sud. Ce sont des descendants des Arahuacos et des Caribes, de culture chibcha.Quand les espagnols passèrent par la côte atlantique en 1502, cette région était habitée par 20 groupes qui parlaient des langues différentes. De ces 20 groupes restent les Miskitos, les Sumos ou Mayagnas et les Ramas. Chaque ethnie a sa propre langue et ses coutumes.

Les Nahuatls sont venus du Mexique et se sont répandus dans presque tout le territoire du Nicaragua ; ce sont eux qui ont laissé le plus de traces. Dans leur culture, ils pensaient que lors de la mort d'une personne, Xolotl venait pour aider l'âme à passer dans le royaume des morts. Le lac de Managua ou Xolotlan signifie le lac consacré à Xolotl. Et ce n'est qu'un exemple parmi les innombrables noms de villages, rivières etc.

Les Chorotegas sont venus du sud du Mexique, plus précisément du Chiapas. Ils s'étaient établis dans la région de Managua, Masaya, Granada, Carazo, Nueva Segovia et ont donné leurs noms à Diriamba, Nindiri etc (diri signifie mont) Les Sutiabas descendent d'une tribu du nord, les Hokanos et les Nahoas également des tribus d'indiens d'Amérique du Nord. Les Nicaraos qui ont vécu à Rivas sont les descendants de Nahoas.


Les Miskitos viennent des forêts pluviales de la Colombie et du Venezuela. On présume que ce furent les premiers arrivants. Ils ont gardé leurs coutumes et les enfants reçoivent un enseignement dans leur langue.

On pense que les Ramas viennent de l'Equateur. Un document de 1715 mentionne que 1 300 indiens ramas vivent à Punta Gorda. Ils y habitaient jusqu'à 1774 quand ils furent attaqués par les Miskitos. Beaucoup perdirent leur vie, d'autres furent vendus comme esclaves à des pirates anglais et danois. Quelque 300 survivants s'établirent alors à Cayos Rama.

Cette population indigène fut décimée pendant les premiers siècles de domination espagnole à cause des mauvais traitements, des maladies importées et des travaux forcés. Les Espagnols ont alors fait venir les Africains pour les travaux les plus durs. Ceux-ci ont apporté avec eux leurs coutumes, leur religion, les tambours, la marimba et la yucca, tubercule alimentaire de base. Un document de 1638 mentionne que 100 esclaves africains travaillent dans une plantation au rio Coco. En 1770, trois navires danois transportaient 900 esclaves africains. Une mutinerie éclata et les Danois les abandonnèrent près de Bluefields. Leurs descendants sont les créoles actuels.

Les Garifunas sont les derniers arrivés. Ce sont les descendants d'indiennes du Venezuela et de noirs africains. Ils sont venus du Honduras à la Laguna de Perlas à la fin des années 1870 comme bûcherons et travailleurs agricoles (canne à sucre et coco).

Les Ramas Le groupe des Ramas est le plus petit des peuples indigènes du Nicaragua, soit 1 600 personnes qui vivent principalement de la pêche, de l'agriculture et de la chasse. Les Ramas ont traditionnellement beaucoup de connaissances de la nature et ont un droit historique sur le territoire. Ils partagent avec les Kriol un territoire de 4 068 km2 (un peu plus que Mallorca) et 4 413 km2 de mer au sud de Bluefields, la capitale de la RAAS (Région autonome de l'Atlantique sud) Il y a neuf communautés qui vivent dans la réserve biologique de Bosawas. Ils élisent leur gouvernement territorial lors d'une assemblée générale avec les représentants des neuf communautés.

Les Mayagnas (ou Sumos) L'origine de ce peuple n'est pas encore prouvée ; on suppose qu'ils sont venus par le détroit de Bering. La majorité des villages de la municipalité de Bonanza ont une population mayagna. Des 17 000 habitants de cette municipalité, 5 200 sont mayagna. Ils sont les gardiens de la Réserve écologique de BOSAWAS. Ils ont gardé leur langue et l'enseignement est aussi donné dans cette langue. Ils se sont constitués en Nation Indigène Mayagna de Nicaragua avec un système d'autogouvernement et d'autodétermination.

Pendant cette longue et douloureuse période durant laquelle s'est formée la nation nicaraguayenne, beaucoup de ces groupes ont perdu leur langue, leurs coutumes ou leurs terres. À présent, la Constitution de la République reconnaît l'existence des peuples indigènes et leurs droits.